Un jour alors que j’achète du tissu dans un magasin, je rencontre Mei. Son visage est si vieux, si beau, si étonnant de douceur que je lui demande si je peux la photographier.

Comme elle ne comprend pas ce que je dis, sa petite fille traduit. Elle me donne rendez-vous chez elle à Garons, dans le Gard.

Je découvre alors l’histoire de ce peuple qui a dû fuir son pays, suite à des ingérences politiques dans différents conflits pour préserver son identité culturelle. Pendant la guerre d’Indochine, cette population marginalisée par les royalistes avait choisi son camp. Aux côtés de l’armée française, ils ont pris les armes. Puis, en 1975, auprès des Américains. Le temps venu, ils ont demandé l’asile aux « amis de France ». Les Etats-Unis, la France et l’Australie seront leur terre d’accueil.

C’est ce que Meï me raconte un soir les larmes aux yeux, car elle ne reverra jamais plus son pays. Elle a du partir, son mari est mort et elle vit dans la maison de son fils ainé comme le veut la tradition.

Un jour, ils m’invitent à un mariage traditionnel. Je suis frappée de voir qu’il y a autant de monde. La communauté est très organisée. Ils se regroupent souvent et travaillent pour la plupart dans le même secteur : l’agriculture.

Certains portent l’habit traditionnel d’autres, au contraire, affirment leur modernité et leur intégration occidentale, en particulier la nouvelle génération. Le contraste est frappant, tous parlent français alors que l’adulte d’âge moyen ne le comprend pas forcément. On m'explique aussi les changements de prénoms. Au moment de remplir sa déclaration et pour facilité l'intégration, on choisira des prénoms comme Monique ou Roger. Une identité s'efface mais ne se remplace pas car il y a aussi la fierté d'être né Hmong. On se converti au christianisme mais les traditions chamaniques perdurent quelques peu.

Après être partie vivre à l'étranger, c'est neuf ans plus tard que je retrouve Meï et sa famille dans le sud de la France et la communauté Hmong d'île de France, où je vis actuellement. Quand je retrouve la famille Xiong, ils fêtent le jour de l’An. Les poulets sont honorés et on lit dans leurs entrailles pour savoir si l’année sera bonne ou pas.


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