Après avoir lu plusieurs articles sur Kiev, j'ai senti qu'il fallait que j'y aille. J'ai suivi mon instinct. 


Je suis venue photographier la scène underground, queer, Lgbt et continuer mon travail sur les Dieux du stade. Ce voyage m'aura transporté ailleurs, vers cet ailleurs qui devient chaque jour un peu plus familier grâce aux rencontres que je fais. En si peu de temps, je retrouve les valeurs simples comme la générosité, l'hospitalité et la bienveillance

Dès mon arrivée, alors que je recherche une bouteille d'eau, je fais la connaissance d'Anton. Anton est français et vit depuis deux ans à Kiev. On rejoint ses amis au bar qui se trouve juste à côté de la guérite où Anton venait prendre un thé. "Vernissaj", le plus ancien bar de Kiev, où se retrouve la jeune génération est le point de rendez-vous Kyivien.
Très vite des liens d'amitié se nouent et très vite nous devenons amis facebook.
Facebook, pour se tenir au courant des soirées, des gens à rencontrer, des liens à partager.
Dès le lendemain on se retrouve pour un vernissage.

Je découvre aussi la ville par les yeux de Vera, mon hôte airbnb.
Vera a 60ans, parle français pour avoir suivi son mari ingénieur en Algérie, ce qui facilite nos échanges. Je découvre chez elle une personne d'une grande humanité et dont la foi se glisse dans ses gestes quotidiens. Vera m'explique qu'en tant que médecin elle a cotisée toute sa vie sous le régime communiste. A l'indépendance, le gouvernement qui se fou de ces vieux, leur donne une pension de 50€ par mois. Le contraste entre la nouvelle et l'ancienne génération est frappante ; ne serait-ce juste pour consommer un simple café en terrasse Vera ne se l'autorise pas.

Je me rends souvent au monastère où j'assiste de loin aux messes et écoute les chants orthodoxes. Les églises sont pleines et c'est un balais incessant d'entrées et sorties où toute une vie communautaire est bien organisée.

Ici, l'ancienne et la jeune génération se font face car il y a l'après Maïdan, l'après révolution où le désire de vivre est devenu pour la jeunesse si intense. Il y a la vie qui continue dans son ordre établit et, il y a la vie qui brûle chaque jour un peu plus.

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